Coupe du monde 2026 : et si c’était la bonne pour le Maroc ?

Le 13 juin prochain, le nom du, ou des, pays organisateur(s) du Mondial 2026 sera dévoilé par la FIFA. À ce petit jeu, le Maroc compte bien avoir son mot à dire.

Annoncée en août dernier, la candidature du Maroc à l’organisation de la Coupe du Monde 2026 a été officiellement présentée le 23 janvier dernier. Tout le Royaume s’est mobilisé pour cet événement devenu un véritable sacerdoce. En effet, pour ce pays maghrébin de 35 millions d’habitants, c’est la cinquième tentative pour décrocher l’organisation d’une Coupe du monde. Après celles, ratées, de 1994, 1998, 2006 et 2010, le Maroc croit en sa bonne étoile.

«Le Maroc est revenu au premier plan avec le changement de présidence à la tête de la fédé marocaine»

Ce n’est pas seulement la candidature du Maroc, mais en Afrique, cela est pleinement vécu comme une affaire de famille où la panafricanisme cher aux pionniers de la décolonisation prend toute sa dimension. «Le Maroc est revenu au premier plan avec le changement de présidence à la tête de la fédé marocaine, nous explique Patrick Juillard, spécialiste du football africain pour football365 Afrique. Faouzi Lekjaa est très proche du nouveau président la CAF, le Malgache Ahmad Ahmad. Ce dernier est désireux de remettre l’Afrique en haut de l’affiche du foot mondial, il voit dans le Maroc le parfait ambassadeur.»

 

Un destin commun et des prestigieux parrains ou lobbyistes à la rescousse : «Une série de vedettes africaines seront les ambassadeurs de la candidature marocaine, dont Samuel Eto’o et Didier Drogba», a notamment annoncé le président Faouzi Lekjaa. Des stars, mais aussi une stratégie pleinement pensée. Ainsi, on s’est adjoint les services du cabinet anglais Vero communications, qui avait conseillé la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques 2024, mais aussi celles de Rio pour les JO 2016 et du Qatar pour la Coupe du Monde 2022.

Pour séduire, le Maroc connaît ses atouts. C’est, par essence, un pays qui sait accueillir mieux que les autres : «Le Maroc est à 14 kilomètres de l’Europe et le fuseau horaire joue en notre faveur. Le fan de football va découvrir un pays tolérant, authentique, et passionné de football», rappelle Moulay Hafid Elalamy, président du comité d’organisation. En 2026, le Mondial devrait se jouer à 48 comme le souhaite le président de la FIFA, Gianni Infantino. Cela soulève évidemment la question des infrastructures sportives ou plus précisément des stades… «Notre enveloppe budgétaire entre dans la capacité du Maroc et nous nous engageons à honorer le cahier des charges demandé par la FIFA», assure Rachid Talbi Alami, ministre de la Jeunesse et des Sports. Il reste donc beaucoup à faire dans ce domaine : le Royaume ne dispose que de six stades répondant aux normes de la FIFA sur les douze nécessaires pour abriter la compétition. Mais ça ne semble pas être un écueil insurmontable. «Au niveau des stades, ils peuvent répondre au cahier des charges, mais ils devront faire un gros effort», détaille Patrick Juillard.

Mondial 2016 au Maroc ? Réponse le 13 juin prochain

Le nom de la nation hôte du Mondial 2026 sera connue le 13 juin prochain. Le Maroc fera notamment face au grand favori de cette campagne, la candidature conjointe États-Unis-Canada-Mexique. Mais une donnée pourrait venir niveler les rapports de force : pour la première fois, le pays hôte sera désigné par l’ensemble des 211 fédérations composant la FIFA. L’Afrique peut-elle encore être mise de côté ? «L’alternance tacite fait que le continent aura bientôt un Mondial. Le dossier marocain est sérieux. Ils ont tiré les leçons de leurs échecs, et, avec le temps, leur candidature a pris de l’épaisseur», ajoute Patrick Julliard. Le Maroc mise sur l’appui de la Confédération africaine de football (CAF), dont le président Ahmad Ahmad a appelé les fédérations africaines à un «soutien franc et massif» au Royaume.

«La proximité avec l’Europe plaide en la faveur du Maroc»

«De 1930 à 2030, le continent africain n’a organisé qu’une seule fois la Coupe du monde. Il ne doit pas rester à la marge», a plaidé M. Lekjaa, évoquant une candidature unique «sur un territoire gérable» par contraste avec les trois pays impliqués dans l’autre projet. «La proximité avec l’Europe plaide en la faveur du Maroc, notamment au niveau du déplacement des supporters qui ne se fera que sur un seul pays. Et puis, c’est une candidature à échelle humaine avec des coûts maîtrisés et non pharaoniques», insiste Patrick Julliard.

Tout le monde derrière le Maroc, donc… même l’Algérie ! Le nouveau président de la Fédération algérienne a clairement fait part de son intention de voter pour le voisin marocain : «Nous serons, inchallah, pourquoi pas aux côtés du Maroc s’il a besoin du soutien d’un pays frère», a expliqué Kheireddine Zetchi. Aucun grain de sable à l’horizon, le Maroc peut y croire…

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